Conseils pratiques pour les futurs doctorants
Les conditions d’engagement des assistants et des doctorants suisses sont difficiles. Souvent, l’étudiant sortant de l’université ne connait pas le monde du travail, et ainsi il accèpte de travailler à n’importe quelles conditions et salaire. La plupart du temps, il ne lit même pas son contrat de travail! Beaucoup de doctorants font parti des "working poor" puisqu’ils vivent avec moins de 2500 CHF par mois. Cette condition de prolétariat académique est souvent ignorée. Pour comparaison, un étudiant au chômage reçoit environ 2800 CHF net par mois. Un jeune diplômé gagne en moyenne environ 6000 CHF par mois.
Sachez qu’un assistant-doctorant n’est plus un étudiant, même s’il possède parfois une carte d’étudiant. Il est engagé pour son travail de chercheur et ses compétences. Il doit travailler un certain nombre d’heures par semaine et suivre les indications de son directeur de thèse ou d’assistanat. Et comme tous les employés hautement qualifiés, il devrait suivre des cours de formation continue.
En général, les assistants-doctorants sont engagés par un département ou par un institut de recherche dans une université, par exemple par l’institut de physique ou le département de philosophie (et non pas par un seul professeur!). Cependant le financement est souvent assuré par deux sources: l’université et le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS).
La majorité des doctorants ne sont pas engagés à 100% du temps! Souvent, ils ne reçoivent que 50% du salaire d’un assistant. Il reste donc au moins, dans ce cas, deux jours et demi par semaine pour compléter son salaire. Beaucoup d’employeurs abusent de ce flou juridique et demandent à l’assistant d’utiliser ce temps libre pour la préparation de la thèse, bien que le temps "pour la propre recherche" doit être assuré dans le temps de travail - on a normalement le droit et le devoir d’utiliser 40 à 50% (ça dépend de l’université) du temps d’engagement pour la thèse - et non pas le temps qu’on n’est pas engagé!
AVANT DE VOUS ENGAGER, discutez des points suivants avec votre directeur de thèse ET avec la/le secrétaire chargé des salaires. N’ayez pas peur d’en parler! Ce sont des questions usuelles auxquelles doit répondre l’employeur. A quel pourcentage du temps suis-je engagé?
(Etre engagé à 80% du temps signifie travailler 4 jours par semaine, pas 5!)
Combien d’heures de travail cela fait-il par semaine?
(Travailler 60 heures par semaine appartient au 19ème siècle.)
Est-ce que je reçois un contrat pour la durée normale d’une thèse?
(La stabilité de l’engagement est votre droit.)
Faut-il travailler les week-end?
(A part certaines professions de service, travailler le week-end appartient aussi au 19ème siècle.)
A combien de semaines de vacances ai-je droit par année?
(au minimum 4 semaines et au minimum 2 semaines consécutive, en général entre 5 et 6 semaines.)
Si je suis engagé à moins de 100%, ai-je la possibilité de travailler à coté?
(Vous en avez absolument le droit)
Quelles-sont les tâches d’assistanat? Combien de temps prennent-elles? Et sont-elles payées?
(Insistez de recevoir un cahiers de charges et consultez le règlement d’engagement de votre université. Attention aux charges d’enseignement!)
Quel sera mon salaire?
(Un assistant-doctorant de 1ère année engagé à 100% devrait gagner environ 5000 CHF brut par mois. En Suisse, le salaire moyen pour toutes les professions est de 5500 CHF par mois, et non de 2000 CHF!)
Après avoir manifesté votre intérêt par une place de doctorat, lisez le contrat de préférence au calme à la maison. Le contrat doit contenir toutes les informations importantes mentionnées ci-dessus.
Comparer les offres de plusieurs places, vous serez surpris des différences de salaire. Il n’est pas rare que des doctorants gagnent deux fois plus que d’autre pour le même travail.
Sites Web liés:
myScience.ch: toutes les infos pratiques pour les chercheurs en Suisse
englishforum.ch: some discussions about the PhD in Switzerland