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octorants: une pétition pour de meilleures conditions de travail

Les conditions de travail des doctorants varient énormément d'un institut à l'autre et d'un canton à l'autre. Un groupe d'entre eux lance une pétition dans l'espoir d'uniformiser la situation. Par leurs propositions, c'est l'ensemble de la recherche qu'ils entendent promouvoir.

«Pour une recherche scientifique juste et efficace», c'est le titre de la pétition lancée sur la toile le 20 octobre dernier. Des doctorants des universités de Genève, Neuchâtel, Berne, Fribourg; Lausanne et de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, regroupés au sein de l'association «actionuni», espèrent ainsi attirer l'attention sur les conditions de travail des jeunes chercheurs en Suisse. Membre du comité de cette association et doctorant physicien à l'Université de Neuchâtel, Philippe Curty ne reste pas de marbre face à la situation parfois critique de certains de ses confrères. S'il déclare «ne pas avoir rencontré, au cours de sa thèse, de vraies raisons pour se plaindre», il a pu observer, au sein même de son entourage, des situations forts différentes de la sienne. «Les différences de traitement sont énormes et pourtant nous faisons tous plus ou moins le même travail», s'insurge-t-il. Le salaire d'un doctorant passe ainsi de moins de 2000 francs à plus de 5000 francs. La disparité est telle que certains thésards gagnent le double ou le triple de leurs confrères, parfois à l'intérieur du même institut. «Les inégalités sont également liées aux différentes sources de financement: université, Fonds national suisse de la recherche scientifique ou les deux ensemble», explique Philippe Curty.

Aucun accord global

Si certains instituts ont choisi de réunir tous les fonds au sein d'une même caisse et de les répartir de façon équivalente entre les doctorants, aucun accord global ne permet d'uniformiser la situation sur l'ensemble de la place universitaire suisse. C'est à cette homogénéisation qu'aspirent les initiateurs de la pétition. «Nous demandons l'introduction d'un contrat type dans lequel seront stipulés clairement le temps de travail, le salaire et le cahier des charges», avance Philippe Curty. Selon les pétitionnaires, beaucoup de doctorants n'ont jamais vu ni leur contrat de travail ni leur cahier des charges. Beaucoup effectuent également un nombre d'heures hebdomadaires nettement supérieur à celui pour lequel ils sont engagés.

Les pétitionnaires sont convaincus des retombées positives qu'aurait une amélioration du statut de doctorant sur le monde de la science. Selon eux, de nombreux scientifiques très compétents quitteraient chaque année la filière académique pour rejoindre le secteur privé. En effet, la création d'une famille ou tout simplement l'accès à un train de vie propre à la plupart des gens de ce pays se révèlent la plupart du temps difficilement compatibles avec les conditions imposées par la poursuite d'une thèse. Or, la science devrait sélectionner les chercheurs sur des critères d'excellence et non pas sur leur disposition à se sacrifier. Des conditions de travail attractives devraient permettrent de garder dans la course l'ensemble des chercheurs de qualité, affirment les pétitionnaires, qui demandent, en dernière revendication, l'introduction d'un médiateur au niveau suisse (ombudsman).

Par leur démarche, les membres d'actionuni escomptent déclencher une profonde réforme du système actuellement en place et promouvoir ainsi la relève scientifique en Suisse. Le 20 novembre dernier, leur pétition a reçu le soutien officiel de l'association du corps intermédiaire de l'Université de Neuchâtel (ACINE). (cg)

La pétition peut être signée à l'adresse http://www.actionuni.ch/fr/petition qui contient également de nombreuses informations.